Le Cerfa 15646-01 encadre l’autorisation de sortie du territoire (AST) pour tout mineur quittant la France sans titulaire de l’autorité parentale. Le formulaire se remplit en ligne sur service-public.gouv.fr, ne nécessite aucun passage en mairie et reste valable un an maximum à compter de la signature.
Deux paramètres posent régulièrement problème au moment du contrôle : la divergence de nom entre l’enfant et le parent signataire, et les escales dans un pays tiers. Ce sont ces zones de friction, rarement détaillées dans les guides classiques, qui méritent un examen précis.
Nom de famille différent entre parent et enfant : ce que prévoit le Cerfa 15646-01
Le formulaire Cerfa 15646-01 ne comporte aucune rubrique dédiée à la filiation. Il identifie le mineur (rubrique 1) et le parent signataire (rubrique 2) de manière séparée. Quand les deux portent des noms différents, rien dans le document ne fait le lien automatiquement.
Le livret de famille n’est pas légalement exigé au contrôle frontière. L’AST accompagnée de la copie de la pièce d’identité du signataire suffit en droit. En pratique, un agent peut demander un justificatif complémentaire pour lever un doute sur le lien de parenté.
Glisser une photocopie du livret de famille ou de l’acte de naissance dans le dossier de voyage permet de prévenir un blocage lié à une différence de nom. Cette précaution vaut particulièrement pour les familles recomposées ou les enfants portant le nom d’un seul parent. Toutes les étapes de remplissage rubrique par rubrique sont détaillées dans le guide exclusif d’E-Nomad, qui couvre aussi les justificatifs complémentaires utiles.

Escale à l’étranger et AST : le piège de l’itinéraire vers l’outre-mer
L’obligation d’AST se déclenche dès que le mineur franchit une frontière française sans parent. La destination finale ne constitue pas le seul critère : l’itinéraire complet du voyage détermine l’exigibilité du formulaire.
Un vol vers un département d’outre-mer avec escale dans un pays étranger (transit par un aéroport international hors territoire français) place le mineur en situation de sortie du territoire. L’AST devient alors nécessaire, même si la destination finale reste la France.
Pour un trajet direct entre la métropole et l’outre-mer sans escale étrangère, l’AST n’est pas requise puisque l’enfant ne quitte pas le territoire national. Le tableau ci-dessous résume les cas les plus fréquents.
| Situation de voyage | AST requise | Document complémentaire recommandé |
|---|---|---|
| Vol direct métropole – La Réunion | Non | Pièce d’identité du mineur |
| Vol métropole – La Réunion avec escale hors France | Oui | AST + copie pièce d’identité signataire |
| Voyage scolaire dans l’UE | Oui | AST + copie pièce d’identité signataire |
| Séjour chez un proche à l’étranger | Oui | AST + copie pièce d’identité signataire + livret de famille si noms différents |
| Voyage avec un seul parent | Non | Pièce d’identité du mineur et du parent accompagnant |
Validité et durée de l’autorisation de sortie du territoire
La rubrique 3 du Cerfa 15646-01 demande au parent signataire de fixer une date de fin de validité. Cette durée est libre, dans la limite d’un an à compter de la date de signature. Le parent peut donc calibrer l’autorisation sur un seul voyage de quelques jours ou couvrir une année complète.
Une AST à durée courte limite le risque d’utilisation non souhaitée si le document est égaré ou si la situation familiale évolue. À l’inverse, une durée longue évite de renouveler le formulaire pour chaque déplacement lorsque l’enfant voyage régulièrement (compétitions sportives, séjours linguistiques récurrents).
Le choix dépend du contexte familial. En cas de séparation ou de désaccord entre parents, une durée restreinte offre un meilleur contrôle. Le formulaire peut être renouvelé autant de fois que nécessaire.
Opposition et interdiction de sortie du territoire : les limites de l’AST
Une AST correctement remplie ne contourne ni une opposition à la sortie du territoire (OST) ni une interdiction de sortie du territoire (IST). Ces deux mesures relèvent de procédures distinctes et priment sur l’autorisation parentale.
- L’opposition à la sortie du territoire (OST) peut être demandée par un parent auprès du juge aux affaires familiales. Elle empêche la délivrance d’un passeport au mineur et bloque son départ même si une AST existe.
- L’interdiction de sortie du territoire (IST) est une mesure administrative ou judiciaire, applicable dans des contextes spécifiques (risque d’enlèvement parental, procédure pénale). Sa levée obéit à une démarche juridique distincte.
- Un mineur faisant l’objet d’une OST ou d’une IST sera refoulé au contrôle frontière, même avec un Cerfa 15646-01 valide et complet.
Qui signe l’AST en cas de séparation des parents
La signature d’un seul titulaire de l’autorité parentale suffit. Le parent signataire n’a pas besoin de l’accord écrit de l’autre parent pour remplir le Cerfa 15646-01, sauf si une décision de justice restreint l’exercice de l’autorité parentale.
Cette règle génère parfois des tensions dans les séparations conflictuelles. Le parent opposé au voyage dispose du recours OST devant le juge, pas d’un droit de veto sur le formulaire lui-même.

Pièces à joindre au formulaire Cerfa 15646-01
Le dossier de voyage du mineur non accompagné repose sur trois éléments obligatoires :
- Le formulaire Cerfa 15646-01 signé par un titulaire de l’autorité parentale, avec la date de fin de validité renseignée.
- La photocopie de la pièce d’identité du parent signataire. Le justificatif admis varie selon la nationalité du signataire : carte nationale d’identité ou passeport pour un ressortissant français, titre de séjour ou passeport étranger dans d’autres cas.
- La pièce d’identité valide du mineur (carte d’identité pour l’espace européen, passeport pour les destinations hors UE).
Le livret de famille, l’acte de naissance ou tout document établissant la filiation restent facultatifs au sens réglementaire. Leur présence dans le dossier constitue une précaution utile lorsque le nom du mineur et celui du signataire divergent.
Le Cerfa 15646-01 couvre la majorité des départs de mineurs non accompagnés, mais son efficacité dépend de la cohérence entre le formulaire, les pièces jointes et l’itinéraire réel du voyage. Un parent qui anticipe les cas de divergence de nom ou de transit international réduit considérablement le risque de refus au contrôle.



